La Lomami est l’une des provinces nourricières de la République Démocratique du Congo, qui ravitaillait ses habitants ainsi que ceux de la ville de Mbuji-mayi pendant plusieurs décennies, jusque dans les années 90. Mais aujourd’hui, elle est devenue la plus isolée, dont les populations souffrent, faute des routes. La province de Lomami est actuellement la plus enclavée du pays. C’est pour cette raison que les députés élus de Lomami se sont invités chez la cheffe du gouvernement pour un entretien.
La Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, a accordé, jeudi dernier, une audience au caucus des députés nationaux de Lomami. Conduite par son président, Augustin Mulumba Kanza, la délégation est venue porter la voix d’une province qui se dit « totalement enclavée » et en quête d’un accompagnement accru du Gouvernement central.
Une province coupée de ses propres territoires
À l’issue des échanges, le président du caucus n’a pas mâché ses mots. La Lomami, selon lui, cumule des retards structurels depuis son avènement à la suite du démembrement des provinces du pays.
« Nous sommes une province totalement enclavée. Il fallait aujourd’hui rencontrer la Première Ministre pour lui faire part de nos problèmes », a déclaré Augustin Mulumba Kanza.
Dans son plaidoyer, l’élu a décrit une province aux infrastructures quasi inexistantes : cinq territoires difficiles d’accès, aucune route asphaltée, des ravins béants et un chef-lieu accessible uniquement après une traversée par bac. Une réalité qui freine la circulation des personnes et des biens, limite l’accès aux services sociaux de base et handicape l’activité économique.
Aujourd’hui, la Lomami continue de vivre les séquelles du démembrement, car, au-delà de l’enclavement, les députés ont évoqué les conséquences patrimoniales du découpage administratif. Selon eux, l’essentiel des infrastructures et des actifs publics serait resté dans l’ancienne province du Kasaï Oriental, laissant la Lomami dans une situation de précarité.
« Tous les patrimoines sont restés dans la province du Kasaï Oriental. Nous sommes venus rappeler à la Première Ministre la quintessence de soutenir notre province », a insisté le président du caucus.
Les élus plaident par ailleurs pour un appui structurant de l’Exécutif national, notamment dans la construction des routes, la réhabilitation des axes prioritaires et le renforcement des capacités administratives.
Une écoute attentive
de la Cheffe du Gouvernement
D’après la délégation, la Cheffe du Gouvernement a prêté une « oreille très attentive » aux doléances exprimées et aurait répondu favorablement aux préoccupations soulevées.
Cette audience traduit néanmoins la volonté affichée par la Première Ministre de maintenir un dialogue direct avec les représentants du peuple, dans un contexte où les provinces issues du démembrement attendent encore les dividendes concrets de la décentralisation.
En effet, assurer plus d’accès aux services de base afin d’éliminer progressivement les disparités géographiques entre provinces fait partie des engagements du deuxième quinquennat du Président de la République, transformé en un pilier majeur du Programme d’actions du Gouvernement Suminwa.
Cette rencontre avec le caucus des élus de Lomami n’est pas la première du genre. La Première Ministre, qui promeut une gouvernance inclusive, plaçant le dialogue comme l’un des principes directeurs de son action, tient à rencontrer les représentants de toutes provinces en vue de trouver ensemble des solutions aux problèmes existentiels et structurels. Dorcas Nsomue
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