Dans son adresse d'ouverture, hier jeudi 08 octobre 2026, la cheffe du gouvernement congolais a invité les participantes et participants à renforcer les compétences numériques et entrepreneuriales des femmes africaines afin de faciliter l'inclusion sociale et l’inclusion numérique sur le continent.
« Les femmes et les jeunes ne doivent pas être seulement les utilisateurs des innovations conçues ailleurs. Elles doivent pouvoir se former, entreprendre, développer leurs propres applications et contribuer à la gouvernance de ces outils », a déclaré Judith Suminwa Tuluka.
La Première ministre a insisté sur la nécessité de permettre aux femmes et aux jeunes filles d’accéder aux formations, aux ressources et aux opportunités offertes par les technologies, particulièrement dans les provinces et les territoires ruraux. Car, les difficultés liées à la connexion, à l’équipement ou à la formation ne devraient pas constituer des barrières à l’ambition technologique des femmes.
Selon elle, l’inclusion numérique ne doit pas se limiter à l’accès aux outils, mais doit également permettre aux femmes d’acquérir les compétences nécessaires pour les utiliser, entreprendre et participer aux décisions liées aux nouvelles technologies.
Pour la 1ère Ministre : un héritage doit être légué
Poursuivant son intervention, la Première ministre a fait savoir à l'assistance qu'il est grand temps que la masculinité positive se traduise dans les actions et les comportements, et pas seulement dans la déclaration, et ce, concomitamment à la féminité positive.
Elle a formulé le vœu qu'au terme de cette première édition, un héritage concret soit laissé, à savoir des compétences renforcées, des partenariats durables et des initiatives dont les femmes et les jeunes filles pourront mesurer les effets.
La cheffe de l'exécutif national a, à cette occasion, invité le ministère du Genre, Famille et Enfant, les organisations porteuses de cette initiative et leurs partenaires à veiller à la mise en place d'un mécanisme de suivi post-forum. Car, les conclusions qui sortiront desdites assises doivent servir des propositions qui relèveront de l'action publique et devront être examinées par les institutions compétentes.
" Les délégations provinciales et africaines devront rester associées à ce suivi ; notre dialogue ne doit pas s'interrompre à la clôture de ce forum.
Il se poursuivra avec le partage des responsabilités sur le rôle du gouvernement de contribuer à la levée des obstacles institutionnels, celui des partenaires d'accompagner les priorités concertées, tandis que le rôle de nos réseaux est de transmettre, de relayer et de rendre compte.
C'est dans cette complémentarité que nos engagements trouveront leur force, et à ce prix que la coopération africaine viendra en renfort de nos institutions nationales afin que celles-ci ouvrent des perspectives jusque dans nos provinces, nos territoires et nos communautés.
Sur cette exigence de responsabilité, de solidarité et de suivi, je déclare officiellement ouverte la 12ème édition du Forum international des élites féminines qui se tient pour la première fois en République Démocratique du Congo'' , a-t-elle dit.
Pari gagné pour le CAFCO
Prenant la parole à cette occasion, Grâce Lula Hamba, directrice exécutive du Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO) a , au nom des organisateurs, remercié tous ceux qui ont mis la main à la pâte pour la tenue de ces travaux ainsi que les partenaires techniques et financiers.
Elle s'est exprimée en ces termes : '' cette rencontre n'est pas une simple cérémonie. Elle est un moment symbolique, une respiration collective, un espace où les femmes qui décident en Afrique, les femmes leaders qui agissent sur le terrain en Afrique et la jeunesse féminine montante africaine se donnent la main, travaillent en synergie, échangent leurs expériences, interagissent, mutualisent leurs savoirs et connaissances, construisent des ponts et jettent des bases pour marcher ensemble vers une même vision : celle d'une Afrique où aucune femme n'est laissée en arrière, où le pouvoir et la voix des femmes se conjuguent pour transformer durablement la société, en préparant minutieusement la relève''.
La directrice exécutive du CAFCO a retracé l'historique de cette structure d'une part, et celle de la participation des femmes congolaises aux éditions précédentes qui ont fait qu'aujourd'hui , le Congo soit le pays hôte de cette 12 ème édition.
'' La présence de la RDC avec la plus forte délégation à cette édition (11ème édition) prise en charge par la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, a attiré l'attention de l'initiatrice du Forum International des Élites Féminines (FIEF) qui, pour honorer ce geste, a proposé que la 12ème édition du FIEF se déroule en République Démocratique du Congo.
D'une idée, d'un rêve, avec la synergie de travail entre les experts de la Primature, du Ministère du Genre, Famille et Enfant, des agences du système des Nations Unies, de CAFCO, de FMMDI et de l'Association pour l'Épanouissement de la Jeune Fille, le FIEF RDC est aujourd'hui une réalité.
Nous disons infiniment merci à Son Excellence Madame la Première Ministre, aujourd'hui patronne du FIEF RDC, pour avoir tendu la main aux femmes de la base, pour avoir cru et fait confiance au plaidoyer de CAFCO et pour le soutien aux présentes assises.
Toute notre reconnaissance et nos remerciements à Son Excellence Madame la Ministre du Genre, Famille et Enfant, marraine du FIEF RDC, pour sa collaboration, son appui, son implication et son appropriation rapide du FIEF RDC'' , a déclaré Grace Lula.
Des thématiques au cœur des enjeux actuels
Pendant 4 jours, les débats porteront sur des thématiques cruciales :
- L'intelligence artificielle et l'entrepreneuriat numérique
- Le leadership féminin et la diplomatie
- Les droits des femmes, la santé sexuelle et reproductive
- La prévention des violences basées sur le genre et la masculinité positive
- La consolidation de la paix et les mécanismes de réparation pour les victimes
Dans un contexte où les inégalités persistent malgré les avancées, le FIEF-RDC 2026 vise à renforcer les compétences, valoriser les expériences réussies et développer des réseaux de mentorat et de coopération Sud-Sud durables.
Vers des engagements concrets
Les travaux devraient déboucher sur des recommandations et des engagements concrets pour renforcer la participation des femmes à la gouvernance, aux processus de paix, à l'innovation économique et à la transformation numérique.
Plus qu'un forum, le FIEF-RDC 2026 se veut un espace d'inspiration et d'action collective pour construire une Afrique plus inclusive, résiliente et prospère, portée par le leadership des femmes et des jeunes filles. D.N.
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