Christophe Bitasimwa Bahii, Inspecteur Général des Finances et Chef de Service a invité les professeurs des médias ainsi que les acteurs de la société civile à mesurer l’importance du rôle à jouer dans la construction d’une société mieux informée, engagée dans la promotion de la bonne gouvernance. Pour le patron de l’IGF, la fin du séminaire ne doit pas être synonyme d’une page tournée. Mais, une remise en cause des uns et autres pour un travail objectif : une communication utile, une communication constructive et non destructrice. Car, les médias, comme l’a si bien reconnu Christophe Bitasimwa, constituent le véritable relais entre les institutions publiques et la population. Si ce rôle n’est pas assumé avec responsabilité et objectivité, ajoute-t-il, les efforts accomplis par les pouvoirs publics risqueront d’être mal perçus.
Les regrets de Bitasimwa
En sa qualité d’Inspecteur Général des Finances et Chef de Service, Christophe Bitasimwa Bahii regrette la tendance de certains médias de privilégier les scandales, les polémiques ainsi que les informations sensationnelles au détriment des résultats positifs enregistrés dans la gestion de la chose publique.
Il a fustigié la tendance de certains médias à privilégier les scandales, les polémiques et les informations sensationnelles au détriment des résultats positifs enregistrés dans la gestion publique.
Il a déploré la tendance de certains médias à privilégier les scandales, les polémiques et les informations sensationnelles au détriment des résultats positifs enregistrés dans la gestion publique.
« Dans un pays, il n’y a pas que de mauvaises choses qui se passent. Pourquoi ne met-on pas aussi l’accent sur les bonnes choses qui sont réalisées ? », S’est-il interrogé.
Prenant l’exemple de l’Inspection Générale des Finances, Christophe Bitasimwa a souligné que les résultats obtenus par l’institution dans la protection des finances publiques sont souvent peu relayés dans l’espace médiatique.
Il a notamment rappelé que les actions de contrôle menées par l’IGF ont permis de réaliser plus de 5 milliards de dollars de redressements fiscaux et douaniers, soit près du tiers du budget national, un résultat qu’il considère comme majeur pour les finances publiques de la République démocratique du Congo.
Le responsable de l’IGF a également dénoncé certaines pratiques consistant à diffuser des informations incomplètes ou mal vérifiées. Évoquant plusieurs cas récents de mauvaise interprétation des données relatives à la fonction publique, il a invité les journalistes à recourir systématiquement aux sources authentiques avant toute publication. « Vous devez aller là où se trouvent les vraies informations. Vérifiez, confrontez les sources et donnez à la population une information juste et équilibrée », a-t-il insisté.
Quid de la déontologie
Abordant ensuite la question de la déontologie, Christophe Bitasimwa a expliqué que les inspecteurs des finances sont soumis à une stricte obligation de réserve. Il a rappelé que les missions de contrôle exigent discrétion et confidentialité afin de préserver les enquêtes et les procédures en cours.
« Un inspecteur des finances ne peut pas divulguer tout ce qu’il découvre dans l’exercice de ses fonctions. Il est tenu par des obligations professionnelles et déontologiques », a-t-il expliqué.
Pour lui, cette exigence rejoint les principes qui encadrent également le travail journalistique. Il a ainsi encouragé les professionnels des médias à défendre leur indépendance et à refuser toute tentative de manipulation ou de corruption.
« Votre déontologie doit vous permettre de résister aux pressions et de préserver votre objectivité », a-t-il affirmé.
Le numéro un de l’IGF a également attiré l’attention des participants sur les risques liés à la diffamation et aux accusations publiques non fondées. Selon lui, certaines personnes sont parfois condamnées dans l’opinion publique avant même que la justice ne se prononce, alors que leur éventuelle réhabilitation ne bénéficie pas du même traitement médiatique.
La corruption, un phénomène réel au sein de la société
Au-delà du rôle des médias, Christophe Bitasimwa s’est également apaisanti sur la question de la corruption. Il a estimé que ce phénomène ne concerne pas uniquement les institutions publiques mais qu’il trouve souvent son origine dans les comportements quotidiens observés au sein de la société.
« Nous sommes tous concernés par les actes que nous posons quotidiennement. Chacun doit s’interroger sur son propre comportement. Nous avons souvent tendance à dénoncer les autres sans regarder nos propres pratiques », a-t-il déclaré.
Selon lui, la corruption existe aussi bien dans les affaires publiques que dans les relations privées, les services, les rapports entre collègues ou entre amis.
« Donner un peu d’argent pour obtenir un avantage, contourner une règle ou bénéficier d’un traitement particulier devient parfois normal dans notre société. Pourtant, ces pratiques constituent le terreau de la corruption », a-t-il expliqué.
Le Chef de Service de l’IGF estime que les comportements tolérés dans la vie quotidienne se reproduisent ensuite dans la gestion publique lorsque les individus accèdent à des responsabilités.
« On ne devient pas un homme nouveau lorsqu’on arrive aux affaires publiques. Les habitudes et les comportements acquis dans la société nous accompagnent », a-t-il souligné.
Le changement des mentalités, un remède efficace contre la corruption
Pour Christophe Bitasimwa, la lutte contre la corruption passe donc nécessairement par une transformation des mentalités, fondée sur l’éducation civique, l’intégrité et la responsabilité individuelle.
Il a appelé les médias et les organisations de la société civile à devenir des partenaires privilégiés de ce combat en sensibilisant la population aux conséquences des antivaleurs sur le développement du pays.
« L’IGF fait partie des institutions de l’État engagées dans la lutte contre la corruption à travers son travail. Mais nous considérons que cette lutte est un combat collectif », a-t-il déclaré.
Appel à la mobilisation collective
Fidèle au principe l'union fait la force, le Chef de l'IGF a insisté sur le caractère sociétal de ce défi et sur la nécessité d’une mobilisation générale.
« Nous comptons énormément sur la presse et sur la société civile. La corruption est une affaire sociétale qui mérite la mobilisation de tous », a conclu Christophe Bitasimwa sous les applaudissements des participants.
Cela étant, l’on peut déduire que le moment d’un souffle nouveau a sonné au sein de l’IGF. Le temps des accusations sans preuve judiciaire est révolu. Une personne accusée est présumé innocente. Il revient à la justice d’en établir les responsabilités. Désormais, c’est la discrétion, la rigueur ainsi qu’une mobilisation collective qui doit être au rendez-vous. Phare news
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