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MSF intensifie sa riposte contre l’épidémie d’Ebola en RDC


Dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo, notamment en Ituri (épicentre), au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, Médecins Sans Frontières (MSF) intensifie, aux côtés du gouvernement congolais, son appui à la prise en charge des patients. Pour faire face à cette urgence sanitaire internationale, les équipes de MSF déploient une stratégie d’intervention multisectorielle.

Au cours d’un café de presse organisé ce jeudi 10 juin 2026 au siège de MSF, situé dans la commune de Ngaliema à Kinshasa, les journalistes ont été informés du travail que mène cette organisation dans la lutte contre cette épidémie.

Cette rencontre a permis aux experts de MSF d’éclairer l’opinion publique sur la nouvelle souche Bundibugyo ainsi que sur les actions menées sur le terrain dans le cadre de la prise en charge de la maladie.
Trois intervenants principaux ont animé cette rencontre : Ewald Stals, représentant de MSF International ; Albert Essoung, chef de mission adjoint basé à Bunia, en Ituri ; et le Dr Jean-Gilbert Ndong, coordinateur médical Intersection au bureau de représentation de MSF à Kinshasa. Ils ont répondu aux différentes préoccupations des journalistes.

D’entrée de jeu, Ewald Stals a fait le point sur l’évolution de l’épidémie sur le terrain, notamment sur le budget mobilisé et déjà en cours d’exécution. Il a indiqué que cette enveloppe pourrait être revue à la hausse en fonction de l’évolution de la situation sanitaire. Sur le plan logistique, il a révélé que 100 tonnes de matériel avaient déjà été déployées dans les différents centres de traitement de MSF. Cette logistique garantit l’accès à des soins gratuits dans ces structures.

Malgré certaines difficultés rencontrées sur le terrain, il a rassuré que MSF poursuit ses efforts pour soutenir le gouvernement congolais dans l’éradication de cette nouvelle épidémie. Selon lui, l’élément clé de la riposte contre le virus Ebola demeure la sensibilisation de la population, notamment sur les mesures de prévention.

« C’est la population qui doit changer certains comportements et adopter les bonnes pratiques. La maladie continue d’évoluer et les patients qui présentent des symptômes arrivent souvent tardivement dans les centres de traitement pour leur prise en charge », a-t-il regretté.

De son côté, Albert Essoung a souligné que les équipes de MSF travaillent sans relâche, particulièrement dans le domaine de la sensibilisation, essentielle dans un contexte où certaines communautés doutent encore de l’existence même de la maladie. Pour briser les chaînes de transmission du virus Ebola, il a expliqué que MSF collabore avec les acteurs de la société civile, notamment les leaders religieux, les relais communautaires et d’autres partenaires locaux, afin d’atteindre toutes les couches de la population dans le cadre des campagnes de sensibilisation.

Albert Essoung a également relevé que les équipes de MSF interviennent dans un contexte sécuritaire difficile, marqué par la présence de groupes armés dans certaines zones affectées. Il a ainsi invité les populations à faire preuve de vigilance et à ne pas se fier aux informations erronées relayées sur les réseaux sociaux.

Prenant à son tour la parole, le Dr Jean-Gilbert Ndong a rappelé que MSF œuvre en RDC depuis plus de cinquante ans aux côtés du gouvernement congolais et de nombreux partenaires. Il a insisté sur le fait que MSF demeure avant tout une organisation médicale.
Dans sa méthodologie d’intervention, a-t-il expliqué, MSF a choisi de ne pas concentrer son action uniquement sur Ebola, étant donné que le pays est confronté à plusieurs autres défis sanitaires, notamment le choléra, la malnutrition, les maladies fébriles et d’autres urgences médicales.
« Nos équipes doivent garantir l’accès aux soins de santé primaires. Ebola n’est pas forcément synonyme de mort », a-t-il déclaré, en réaction aux nombreuses rumeurs qui continuent d’alimenter la peur au sein des communautés.

Dans ce contexte, il a lancé un appel à toute personne présentant les premiers symptômes, notamment la fièvre, à se rendre rapidement dans le centre de santé le plus proche afin de bénéficier d’une prise en charge adéquate.
Il convient de noter que le 17ᵉ foyer de maladie à virus Ebola, dont le premier cas a été identifié le 24 avril 2026 par le laboratoire de l’INRB, est attribué à la souche Bundibugyo. Il s’agit d’une variante rare pour laquelle aucun vaccin n’est actuellement disponible. Le traitement administré aux patients demeure essentiellement symptomatique.

Selon le dernier rapport publié le 9 juin 2026, la RDC enregistrait 635 cas confirmés, 127 décès confirmés, 260 patients isolés, 30 guérisons et 119 cas suspects.  J.R.E

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