Pendant deux jours les professionnels des médias de la République Démocratique du Congo ont pris part
à un atelier organisé dans le cadre de la journée internationale de la liberté de la presse. Organisée par la Casa Africa en collaboration avec l’Ambassade d’Espagne en RDC, cette rencontre était placée sous le thème : » Journalisme et violence à l’égard des femmes : le cas espagnol », avec le partenariat des ministères du Genre et de la Communication et médias, du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), de l’Union nationale de la presse congolaise (UNPP) et de l’Ucofem.
Pendant deux jours, les professionnels des médias ont été édifié sur les cas de viols recensés en Espagne où les femmes victimes étaient rejetées par la communauté dans les années passées et aujourd'hui après un travail acharné des médias, ces dernières désormais sont protégées et peuvent devant la communauté dénoncer et revendiquér leurs droits de réparation.
Pour gagner ce pari, seule la responsabilité journalistique et le respect d’éthique et de déontologie ont constitué le socle de cette formation afin de rappeler aux médias le rôle crucial, qu'ils ont à jouer dans ce combat de lutte contre les viols ainsi que les violences basées sur le genre.
Dans son adresse, Carmen Diez Orejas, Ambassadrice d’Espagne en RDC a fait savoir aux participants les principes saccros-saints de cette profession noble.
Étant donné qu'ils ont une grande responsabilité, car, les journalistes ne sont pas des juges ni avocats. Ils doivent rester sur le faits. Ils ne peuvent pas prendre partie. Un professionnel des medias doit toujours veiller au respect de l’éthique et la déontologie de ce métier.
Prenant la parole à son tour, le ministre des médias Patrick Muyaya a fait savoir à l'assistance que les questions sur la lutte contre les violences basées sur le genre, l'égalité du genre, et la parité sont des priorités du gouvernement congolais, car, le chef de l'Etat lui-même est le '' Champion de la masculinité positive''. Ceci démontre que la République Démocratique du Congo est sur la bonne voie sur ses questions.
Le respect des droits des femmes et la lutte contre le VBG ne trouveront des solutions que par l'éducation
Abordant le sujet lui confier, Christian Bosembe, président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et de la Communication estime que le problème est lié à l'éducation. Selon lui, il faut éduquer les enfants filles comme garçons de la même façon. Il faut éviter les stéréotypes, les injustices et une éducation fantaisiste en favorisant les garçons au détriment des filles.
Pour sa part, Rose Masala, directrice nationale de l’Union congolaise des femmes des médias (Ucofem) s’est attelé sur la lutte menée par sa structure dans la promotion de l’égalité du genre dans ce secteur.
«Depuis plus de 25 ans l’Ucofem a milité pour promouvoir les droits spécifiques, l’accès et l’image de la femme dans et par les médias afin d’améliorer la qualité du travail de la femme des médias et son image dans la société», a-t-elle déclaré.
Elle a fait savoir que l’Ucofem a participé au combat pour l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard de la femme, notamment dans les médias en renforcant les capacités des femmes journalistes pour qu’elles accèdent à des postes de décision.
Les VBG, le résultat d’un problème structurel et sociétal
De son côté, Caroline Pecharromán, journaliste à la Radia télévision espagnole (RTE), a rappelé le rôle des médias dans le changement des mentalités face aux violences à l’égard des femmes.
« Outre la modification des lois, les médias doivent aussi faire évoluer les mentalités. La violence en ligne est aussi une forme de violence sexistes et peut avoir de graves conséquences », a-t-elle indiqué.
« Les médias doivent aider les victimes à surmonter la stigmatisation, à respecter les victimes en ne divilguant pas leur identité et en respectant leurs choix. Il relève des média d’expulser la cause de la violence et de mettre l’accent sur les agresseurs en attribuant la responsabilité », a-t-elle ajouté, relevant que les journalistes doivent contribuer à faire connaître les ressources d’aide destinées aux victimes des violences sexuelles.
Poursuivant son intervention, Caroline Pecharromán a, par ailleurs, présenté les violences basées sur le genre (VBG), comme le résultat d’un problème structurel. Car, les violences basées sur le genre constituent une violation des droits humains. Ces violences ne sont pas des simples faits mais le résultat d’un problème structurel.
Abordant la question sur les violences conjugales, Caroline a insisté sur le fait que les comportements des femme ne peuvent pas être perçus comme la cause de la violence de l’homme.
«Ne pas rejeter la faute sur la femme ou les enfants. Les comportements des femmes ne peut pas être perçu comme la cause de la violence de l’homme. Il ne faut pas remettre en cause les plaintes des femmes, ni mettre en doute leur version de faits, ni leur accorder moins de crédibilité qu’à la version ses hommes. Il faut respecter l’identité des victimes et de leurs enfants», a-t-elle dit.
Il sied de noter que les violences conjugales affectent aussi les enfants du fait qu’ils sont témoins des abus (stéréotypes) que subissent leurs mères. Elle a, en outre renchéri qu'avant d’expliquer que n’importe quel homme, peu importe son niveau de vie, d’éducation, sa position sociale et son rang social peut être un agresseur.
«Ce qui pousse l’homme à la violence c’est le fait de se considérer supérieur à la femme et de s’estimer que celle-ci doit être à son service. L’honneur d’un homme ou d’une famille ne justifie pas la violence à l’égard de la femme ou des filles (crime d’honneur)», a conclu la journaliste Pecharromán.
Dorcas Nsomue
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